Cyclisme · Les Grands Tours

Les trois Grands Tours du cyclisme

Le cyclisme sur route a ses cathédrales : trois courses par étapes de trois semaines, disputées chaque année, qui constituent le sommet de la discipline. Les remporter toutes, au cours d'une carrière, s'appelle la « triple couronne » — un exploit que seuls huit coureurs ont réalisé dans l'histoire.

Trois épreuves, trois identités

Le Tour de France, créé en 1903, est le plus prestigieux : sa Grande Boucle de juillet et son maillot jaune sont connus du monde entier. Le Giro d'Italia, en mai, séduit par ses paysages et la dureté de ses ascensions ; son leader porte le maillot rose (maglia rosa). La Vuelta a España, en août-septembre, ferme la saison des grands tours avec son maillot rouge et ses arrivées explosives en altitude. Chacune se dispute sur 21 étapes mêlant contre-la-montre, étapes de plaine pour sprinteurs et cols de haute montagne, avec plusieurs classements annexes — meilleur grimpeur, meilleur sprinteur (points), meilleur jeune — qui récompensent la diversité des profils.

Vingegaard dans l'histoire

La saison 2026 a déjà offert un moment fort. Vainqueur de la Vuelta 2025, le Danois Jonas Vingegaard a remporté le Giro 2026 au terme d'une démonstration collective de son équipe Visma-Lease a Bike, devenant le huitième coureur de l'histoire à s'être imposé sur les trois Grands Tours. Il rejoint ainsi Anquetil, Merckx, Hinault ou encore Froome dans un club très fermé. Dans la foulée, il s'est élancé sur le Tour de France 2026, parti de Barcelone début juillet, avec l'ambition d'un rare doublé Giro-Tour, face à son grand rival slovène Tadej Pogačar.

Une vitrine pour le cyclisme français

Si les leaders au général sont aujourd'hui étrangers, les Grands Tours restent une formidable vitrine pour les coureurs français. Sur le Giro 2026, Paul Magnier a remporté le maillot cyclamen de meilleur sprinteur, dans la lignée de Laurent Jalabert ou Arnaud Démare. Et sur le Tour, le prodige Paul Seixas, 19 ans, incarne l'espoir d'une nouvelle génération. Le Tour de France demeure par ailleurs un événement populaire unique, gratuit, qui traverse chaque été les régions françaises et draine des millions de spectateurs au bord des routes.

Pourquoi c'est si difficile

Gagner un Grand Tour exige de tout maîtriser : rouler vite contre la montre, résister trois semaines à la fatigue, franchir les cols les plus durs et éviter la chute ou la défaillance. C'est cette exigence totale, sur près de 3 500 kilomètres, qui fait des vainqueurs de Grands Tours les patrons incontestés du peloton.

Des maillots devenus légendes

Chaque Grand Tour a bâti sa mythologie autour de ses tuniques distinctives. Le maillot jaune du Tour de France, imaginé en 1919, est sans doute le vêtement le plus célèbre du sport ; le rose du Giro emprunte sa couleur au journal organisateur, la Gazzetta dello Sport ; le rouge de la Vuelta habille le leader espagnol. S'y ajoutent les maillots de meilleur grimpeur, de meilleur sprinteur et de meilleur jeune, qui font vivre des courses dans la course. Les endosser, ne serait-ce qu'une journée, suffit parfois à marquer une carrière — et à faire entrer un coureur dans la légende d'une épreuve.

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