Les Monuments et grandes classiques du cyclisme
À côté des Grands Tours, le cyclisme se joue aussi sur une journée. Les courses d'un jour les plus prestigieuses portent un nom qui claque : les « Monuments ». Il y en a cinq, et les remporter tous au cours d'une carrière est si difficile que seuls trois coureurs y sont parvenus dans l'histoire.
Les cinq Monuments
Milan-San Remo ouvre la saison en mars : surnommée la Primavera, c'est la plus longue, souvent réglée au sprint. Le Tour des Flandres, en avril, met à l'épreuve la puissance sur les monts et les pavés flamands. Paris-Roubaix, quelques jours plus tard, est l'« Enfer du Nord » : près de 55 kilomètres de pavés disloquants, la mythique trouée d'Arenberg et le carrefour de l'Arbre en font la classique la plus spectaculaire et la plus redoutée. Liège-Bastogne-Liège, la « Doyenne », est la plus ancienne : ses côtes ardennaises couronnent les coureurs les plus complets. Enfin, Il Lombardia clôt la saison en octobre, la « classique des feuilles mortes », taillée pour les grimpeurs.
La quête historique de Pogačar
La saison 2026 tourne autour d'un homme. Le champion du monde slovène Tadej Pogačar a remporté coup sur coup Milan-San Remo — pour la première fois de sa carrière, après une course folle — puis le Tour des Flandres, avant de s'imposer à Liège-Bastogne-Liège devant le jeune Français Paul Seixas. Seul Paris-Roubaix continue de lui résister : battu sur les pavés par Wout van Aert, il a terminé deuxième pour la deuxième année consécutive. Avec treize Monuments à son palmarès, Pogačar se rapproche méthodiquement du record absolu d'Eddy Merckx (dix-neuf) ; il ne lui manque que l'Enfer du Nord pour rejoindre le cercle des vainqueurs des cinq Monuments. Rendez-vous en octobre, sous les feuilles d'automne de Lombardie, pour la suite.
Les classiques françaises et le maillot arc-en-ciel
La France possède le plus emblématique des Monuments avec Paris-Roubaix, mais aussi tout un réseau de courses réputées : Paris-Nice, « la course au soleil » qui lance le printemps, le Critérium du Dauphiné, répétition générale du Tour, ou l'ancienne Paris-Tours. À l'échelle mondiale, les Championnats du monde sur route offrent chaque automne le maillot le plus convoité de tous, l'arc-en-ciel, porté toute l'année suivante par le champion du monde en titre.
Pourquoi on les appelle des « Monuments »
Le terme s'est imposé au fil du XXe siècle pour désigner les cinq classiques les plus anciennes et les plus prestigieuses du calendrier. Ce qui les distingue des autres courses d'un jour, c'est leur histoire — certaines dépassent le siècle d'existence —, leur longueur souvent supérieure à 250 kilomètres, et un prestige tel qu'une seule victoire suffit à changer le statut d'un coureur. Depuis quelques saisons, ces épreuves ont aussi leurs versions féminines, en plein essor : le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège et Milan-San Remo se courent désormais au féminin, le Tour de Lombardie devant suivre. Une évolution qui élargit encore la légende de ces courses.
Pavés, bordures, cassure, sprint massif : pour comprendre la tactique d'une classique, consultez notre fiche cyclisme.